Dans la vraie vie…

Au contact d’une personne souffrant de démence, il est souvent difficile de bien réagir. Faire le deuil de perdre un proche de cette manière prend beaucoup de temps. Leurs réactions démesurées et inhabituelles déroutes souvent les proches aidants. Ils deviennent épuisés et ne peuvent pas toujours offrir une écoute empathique en tout temps. Ce n’est plus donnant /donnant dans la relation…c’est seulement un don de soi. Cela leur demande une grande patience, une immense patience. Certaines personnes ont le réflexe de discuter et d’argumenter avec la personne malade lorsque ses propos sont incohérents ou qu’elle répète les mêmes choses.

Voilà à quoi cela ressemble parfois:

Le proche aidant:  »Maman je t’ai expliqué hier que je ne viendrais pas te voir demain, je dois me rendre chez le médecin. »

Quelques minutes plus tard: La personne malade:  »Nous devons aller magasiner demain, je t’attendrai après le déjeuner.  »

Le proche aidant exaspéré:  »Maman je t’ai expliqué hier que je ne viendrais pas te voir demain, je dois me rendre chez le médecin!! »

Ou encore:

Le proche aidant:  » Papa, tu ne vis pas à l’hôtel, tu vis dans une résidence maintenant. »

Et la personne malade se braque et répète  » Je dois me préparer à quitter ma chambre d’hôtel, je retourne chez moi »

Le proche aidant avec impatience:  » Papa, tu ne vis pas à l’hôtel, tu vis dans une résidence maintenant !! »

En suivant la vague, ça pourrait donner:

 »Je dois me préparer à quitter ma chambre d’hôtel, je retourne chez moi »

Le proche aidant:  »Ah oui!  »ou encore :  »C’est une belle chambre d’hôtel! »

Ou encore rester à l’écoute, hocher la tête et changer de sujet quelques secondes plus tard.

Mon conseil d’amis: vous auriez avantage à suivre la vague, c’est beaucoup moins épuisant que d’aller à contre-courant.

Les aidant se demandent: lorsqu’elle vit une émotion bouleversante, comment l’aider à dépasser cette situation?

Les proches aidants d’une personne souffrant d’un trouble neurocognitif vivent souvent de la détresse et de l’impuissance. Ils ont de la difficulté à saisir vraiment ce qui se passe dans la tête du proche atteint Ils se demandent si les réactions de ce derniers sont normales. En effet, la maladie est bien mystérieuse et ses manifestations sont grandement variables d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre.

Il faut comprendre que la personnes malade vit dans le moment présent. Si elle ressasse un mauvais souvenir de la perte de leur conjoint, par exemple, elles s’y ancrent. C’est comme si elle déposait l’ancre d’un bateau solidement dans le sable du fond de la mer et restait à cet endroit. Il est donc judicieux de l’aider à déposer son ancre à un autre endroit afin de les reconnecter avec des pensées qui suscitent de beaux souvenirs ou de la joie. À certains moments, la personne se remémore plus facilement les souvenirs du passé: vous pourrez donc, en écoutant et observant, identifier des souvenirs positifs et le lui rapeller quand elle déplacera son ancre.

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